Chroniques de la banalité

Paris — Île de France — 2012-13



Se confronter à l’idée banale que la ville est habitée. Le point de départ est d’appréhender comment les singularités et les traditions de chacun orientent et influent l’appropriation ou l’organisation des espaces. Rencontrer des inconnus et écouter leur histoire. Faire différents relevés de chez eux et essayer de déterminer le caractère de leur(s) manière(s) de vivre en leur proposant de dessiner une carte mentale de leur chez eux puis de faire une maquette.

Palimpseste, la ville est une superposition de couches hétéroclites d’histoires anecdotiques qui se croisent et se juxtaposent en laissant des traces. Ce sont des personnes additionnées les unes sur les autres, à côté des unes et des autres. Il s’agit d’un projet de logements collectifs habités par ces personnes rencontrées. Un microcosme en chantier permanent qui n’est pas ressenti depuis la rue. L’identité des singularités de chacun s’exprime d’abord dans les murs et quand ne peut plus être contenu, s’extrait progressivement.

Un calendrier plus ou moins fictif de l’évolution des structures familiales, parsemés d’évènements leur faisant écho, va être à l’origine de la transformation ou de la naissance d’espaces. Superposition et confrontation des envies et désirs de chacun dans la mesure de celle des voisins, de leur mentalité et caractère.
Il s’agit de proposer une architecture projectuelle par-delà des usagers particuliers, en fondant le projet sur l’utopie d’une plus grande liberté de la construction en ville. Un permis de construire permanent qui permet de ne pas passer par toutes les complications administratives pour construire de petites structures ou effectuer de menus travaux tant que les façades visibles depuis la rue sont respectées.

L’esprit du projet est la mutualisation et l’optimisation des espaces. Qu’il soit avantageux de rendre les espaces qui ne nous sont plus nécessaires. Ne pas avoir à déménager, si l’on souhaite avoir plus petit ou différent, il suffit d’abandonner la partie de l’appartement qui ne nous intéresse plus, conserver seulement les espaces voulus. Les espaces vacants seront alors exploités par les voisins s’ils le désirent ou alloués à de nouveaux arrivants.
Débordement et rétraction perpétuels selon les désirs/besoins de chacun.


Catalogue Meilleurs Diplômes de l'ESA 2012-2013
Album photos Exposition Meilleurs Diplômes, 17 mai - 29 juin 2013
Article web Courrier de l’Architecte Prix du Meilleur Diplôme de l'Ecole Spéciale d'Architecture
© anaïs maïane jerafi 2020